La Suisse pourrait signer un accord avec l’Inde avant la fin de l’année

Tribune de Genève | 01.09.2011

La Suisse pourrait signer un accord avec l’Inde avant la fin de l’année

Johann Schneider-Ammann à Genève | Le traité commercial de libre-échange est sous toit, a annoncé le conseiller fédéral

Richard Etienneet et Roland Rossier

Secouée par la crise du franc fort, la Suisse pourrait atténuer sa trop grande dépendance des marchés de la zone euro en élargissant ses relations commerciales. Par exemple avec l’Inde: un accord de libre-échange avec ce grand pays pourrait même être signé d’ici à la fin de l’année, selon le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, en déplacement hier à Genève pour y rencontrer les milieux économiques.

Pour le chef du Département fédéral de l’économie, cette visite était une première. Il a pu, notamment, mesurer à quel point le canton possède un tissu économique différent de celui de la Suisse, en raison de l’importance de la finance, mais aussi du négoce, ainsi que d’un secteur exportateur orienté sur les marchés mondiaux et ne dépendant pas autant de l’Allemagne que le reste du pays.

C’est dire si la perspective d’un prochain accord de libre-échange avec l’Inde cette année et, peut-être, avec la Chine en 2012, a réjoui les industriels genevois, et les horlogers en particulier.

Rappelons que, en 2010, 18,2% de la valeur totale des exportations du canton ont été expédiés dans les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). A elle seule, la Chine absorbe plus de 87% de ces exportations vers le BRIC. L’enjeu économique de ces accords, pour Genève, est donc important.

Lors de cette rencontre, le conseiller fédéral bernois a aussi insisté sur l’importance de la paix du travail, un des socles sur lesquels s’est construite la prospérité du pays. Une paix menacée indirectement par le franc fort: une poignée d’entreprises songent ainsi à payer leurs employés frontaliers en euros. Les syndicats s’y opposent. Johann Schneider-Ammann, de son côté, soutient que la législation fédérale permet aux entreprises de rémunérer leurs collaborateurs dans d’autres monnaies que le franc. Mais le chef du Département fédéral de l’économie a prié les entrepreneurs de garder toujours à l’esprit l’importance de la paix sociale. Surtout en ces temps tourmentés. Pour l’homme politique bernois, «le ciel économique se charge de nuages».

Johann Schneider-Ammann a entamé son après-midi genevois par une visite de l’entreprise de parfumerie et d’arômes Firmenich, qui regroupe plus de 6000 employés dans le monde, en se rendant dans son bâtiment historique du quartier de la Jonction.

Il a ensuite rencontré des traders représentés par la Geneva Trading Shipping Association, une association créée en 2006 par des banques et des sociétés actives dans le négoce de matières premières, association regroupant une soixantaine de membres.

Lors d’un point de presse, Johann Schneider-Ammann a aussi rappelé l’importance des mesures de soulagement destinées au fond de l’assurance-chômage, qui devrait bénéficier de 500 millions de francs si le Parlement, cet automne, valide cette proposition. Le conseiller fédéral a également insisté sur la défense des bilatérales et la préservation des emplois.

keywords: