La Thaïlande veut un accord de libre-échange avec le Canada

La Presse Canadienne | le 18 mars 2012

La Thaïlande veut un accord de libre-échange avec le Canada

Mike Blanchfield
La Presse Canadienne

BANGKOK, Thaïlande — La Thaïlande livrera cette semaine un vibrant plaidoyer en faveur de négociations pour le libre-échange avec le Canada, au moment où le premier ministre, Stephen Harper, amorce son deuxième séjour en Asie en trois mois.

Le pays vantera sa position enviable comme point d’entrée facile et sécuritaire pour le Canada, qui pourrait ensuite s’aventurer plus loin en Asie. Ces discussions soulèveront la possibilité d’une entente commerciale élargie dans la région, réunie dans un bloc de dix pays sous l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).

La Chine n’étant pas membre de l’ASEAN, toute percée économique avec le bloc constituerait un élargissement considérable pour les ambitions commerciales du gouvernement de Stephen Harper en Asie.

Le premier ministre, qui avait effectué en janvier son deuxième voyage officiel en Chine, a déjà fait savoir qu’un commerce accru avec l’Asie était une priorité économique après une série d’événements ayant plombé la relation du Canada avec son principal partenaire commercial, les États-Unis.

La directrice générale du département thaïlandais des Négociations commerciales, Srirat Rastapana, a souligné qu’il était compréhensible que le Canada cherche à diversifier ses partenariats pour être moins dépendant de ses relations avec le marché américain. Elle a ajouté que la Thaïlande accueillait favorablement la démarche.

L’année en cours s’avérera importante puisqu’elle permettra de jeter les bases d’une relation plus forte entre la Thaïlande et le Canada, a ajouté Mme Srirat.

«Nous accueillons favorablement la participation du Canada aux forums de l’ASEAN, et nous pensons que le Canada pourrait être un partenaire précieux pour nous», a-t-elle souligné.

Mme Srirat a indiqué que le Canada et la Thaïlande examineront les diverses façons de promouvoir et d’accroître le commerce et l’investissement.

«Nous aborderons aussi la possibilité de préparer une sorte d’étude commune, un cadre pour l’accord de libre-échange», a-t-elle poursuivi.

Plus tôt ce mois-ci, le Canada et le Japon ont dévoilé leur propre étude conjointe sur la possibilité d’un accord commercial, dans laquelle ils concluaient qu’il restait «encore beaucoup de potentiel à exploiter» dans leur relation.

L’étude prévoyait qu’une entente commerciale entraînerait des apports de 4,4 à 4,9 milliards de dollars au produit intérieur brut du Japon, et de 3,8 à 9 milliards pour celui du Canada.

Le premier ministre Harper se rendra par ailleurs au Japon après s’être arrêté en Thaïlande, pour ensuite compléter son séjour en Corée du Sud.

Les échanges commerciaux du Canada et de la Thaïlande sont modestes pour l’instant, avec des exportations de 839 millions et des importations de 2,7 milliards pour l’année 2011.

Selon Mme Srirat, il y a encore beaucoup de possibilités à exploiter pour l’énergie, la nourriture et la technologie verte.

L’automne dernier, le Canada et l’ASEAN ont signé une déclaration conjointe dans laquelle ils s’engageaient à promouvoir le commerce et l’investissement.

Le président de la Chambre de commerce thaï-canadienne, John Casella, prévient toutefois que le manque de connaissance des lois et des pratiques culturelles fait en sorte que les affaires dans la région peuvent être un défi.

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